A l’image de l’ouvrage issu de sa thèse, La fin d’un grand partage. Nature et société, de Durkheim à Descola (CNRS Editions, 2015), ses travaux interrogent les rapports des sociétés à leur environnement, à travers le temps et à partir des sciences sociales — anthropologie, économie, sociologie ou histoire. Ils posent la question des rapports collectifs à la nature et à son gouvernement, et retracent l’émergence d’une réflexivité environnementale propre à l’époque moderne et à l’âge industriel.
Lors de la Semaine de l’Histoire, il présentera son livre Abondance et liberté. Une histoire environnementale des idées politiques (La Découverte, 2020). Ce parcours dense et dynamique à travers l’histoire des idées, depuis le XVIe siècle jusqu’à l’ère contemporaine, fait appel à des auteurs nombreux, divers et, pour certains, rarement lus au prisme des enjeux environnementaux : Grotius, Locke, Adam Smith, Guizot, Tocqueville, Proudhon, Durkheim, Saint-Simon, Veblen, Marx, Polanyi, Herbert Marcuse… Ce qui permet d’aboutir à un constat : la pensée politique moderne a tissé entre croissance et démocratie, entre abondance et liberté, un lien essentiel, comme si de la première dépendait la seconde. Or face à la montée des déséquilibres environnementaux, cette association semble atteindre sa limite.
Ainsi, comment comprendre cette forme particulière prise par la réflexivité environnementale dans la pensée moderne ? Comment repenser pour l’avenir un nouveau rapport à la nature, qui rende compatibles l’aspiration démocratique à l’autonomie d’une part, et la préservation de l’environnement de l’autre ? Autant de questions abordées par l’ouvrage de Pierre Charbonnier, et qui seront au centre de son intervention lors de cette semaine de l’Histoire sur le thème « Nature(s) ». »